
« Toute la zone du Bundu avait vendu son cheptel pour l’émigration clandestine »
Entretien….
Agée d’une cinquantaine d’années, je suis mariée et j’ai trois enfants. Je suis agent technique d’animation qui a travaillé une vingtaine d’années en milieu rural, dans la création des groupements de promotion féminine. Ensuite, j’ai versé dans la société civile en assumant la direction du directoire des femmes en élevage, depuis 1994, et je me suis investie dans le développement de l’élevage à Tambacounda. J’œuvre réellement pour la promotion des femmes rurales qui font de l’élevage, ici à Tambacounda.
Quelles sont les motivations qui vous ont poussée à faire de la politique à Tambacounda?
J’ai commencé à faire la politique en 1972. Je suis issue d’une famille politique. Mon papa fut conseiller territorial de la France d’Outre-Mer. Par la suite, il m’a encouragée, accompagnée avec le parti socialiste à Kédougou, où je faisais partie en 1994 des premières conseillères municipales. Cela a été un événement pour la participation des femmes sur la scène politique.
Quels sont les partis politiques au sein desquels vous vous êtes déjà investie ?
Depuis l’avènement au pouvoir, en 2000, du Parti Démocratique Sénégalais, j’ai adhéré au programme du Président de la République, Maître Abdoulaye Wade, qui m’a beaucoup satisfaite et qui fait que je dois contribuer à la réalisation de ce programme dans la région de Tambacounda. Depuis 2000, je suis conseillère régionale. Aujourd’hui, je suis la deuxième vice présidente de la fédération départementale de Tambacounda. Les Tambacoundoises sont en train de s’activer pour la promotion féminine dans le programme genre et surtout dans la défense des activités des femmes. Ce qui a d’ailleurs amené le Président de la République à dire qu’il faut atteindre l’équité au niveau des investitures, au niveau des nominations des femmes tant au niveau local que national.

Quels diagnostics posez-vous sur la situation politique de Tambacounda à la lumière de votre expérience ?
A la lumière de mon expérience, j’avoue que le Pds est majoritaire à Tambacounda. Les populations rurales ont adhéré au programme de Maître Abdoulaye Wade qui a investi beaucoup de moyens dans l’éducation nationale. Ce qui a amené aujourd’hui les collèges de proximité. On a doublé ou même triplé les écoles primaires. Il y a eu aussi la mise en place des ouvrages sanitaires, le centre de Wassadou, le centre de Ninefesha qui constituent une grande décharge pour l’évacuation sanitaire vers Kaolack ou Dakar qui causait beaucoup de problèmes, voire des cas mortels. J’ai eu à rencontrer récemment le Président de la République, il m’a dit que dans son programme, il a même envisagé de régler le problème de la transhumance qui constitue un fléau dans la région de Tambacounda, car à partir du mois de mars, les deux tiers du cheptel du Sénégal vont vers la Falémé, vers Tambacounda, vers le Bundu pour trouver des pâturages. Il nous a assuré qu’il va régler ce problème. Avec le programme de développement de l’élevage, que le Président a tellement bien institutionnalisé, nous pensons avec le Ministre de l’élevage que 2007-2008 marquera le démarrage des activités d’élevage dans la région de Tambacounda. Sur le plan politique et sur le plan du développement, je suis convaincue par le programme du Président Abdoulaye Wade. Les femmes en élevage, les éleveurs de la région de Tambacounda ont adhéré à ce programme pour lutter contre la pauvreté, la malnutrition et même le sous-développement de leur région.
Quelles sont les personnalités politiques ou de la société civile qui vous inspirent de la confiance, que vous croyez capables de convaincre les TambacoundoisEs et de jouer un rôle positif pour leur région dans les cinq prochaines années ?
Vous savez qu’après l’élection du Président de la République, il va falloir faire une évaluation, une auto évaluation de la situation politique. C’est, je pense, à partir de cette auto évaluation que les conclusions seront tirées et que des propositions seront faites pour constituer une équipe forte devant un leader compétent, un leader qui pourra amener la victoire aux élections législatives, rurales, régionales et municipales. Tant que l’évaluation n’a pas été faite, nous ne pouvons pas juger de tel ou tel leader en ce moment au niveau de la scène politique, mais j’avoue que les femmes sont très braves et la jeunesse s’est battue pour la victoire du président Wade. C’est quelque chose que je vais noter et toutes les sensibilités, je dirais que même les ethnies minoritaires ont œuvré pour la victoire du Président de la République. Donc nous allons tirer les conclusions, nous allons essayer d’organiser une journée bleue, à l’issue de laquelle nous allons évaluer les programmes, voir la réalité et essayer de choisir un leader qui va nous conduire à une deuxième victoire aux législatives.
Quelles garanties crédibles, selon vous, ces personnes peuvent-elles offrir ?
La confiance surtout. Je dis qu’il faudrait qu’on trouve des leaders en qui les populations et les militants du parti ont confiance. Tant qu’il n’ y a pas de confiance, les gens ne pourront pas s’investir et ne pourront pas aussi adhérer réellement au parti. Aujourd’hui, on peut préparer les leaders qui sont sur la scène politique à gagner la confiance des militants, à gagner la confiance de la jeunesse et des femmes qui sont vraiment les acteurs de la scène politique au niveau de la région de Tambacounda. Nous sommes sur cette réflexion depuis la victoire du 25 février dernier pour aboutir à cette journée bleue qui va nous édifier à une deuxième victoire aux législatives.
Quels sont vos rapports avec les ressortissantes tambacoundois de la diaspora ? Et quel rôle peuvent-ils/elles jouer en faveur de Tambacounda ?
Justement, lors de ma dernière mission en décembre 2006 et janvier 2007, j’ai eu à rencontrer l’association des Bundunkés dans des foyers à Paris. Leur engagement, leur participation au développement a été une initiative que j’ai beaucoup saluée. Ils se sont organisés en association de ressortissants du Bundu, en association de ressortissants de Kédougou, en association des jeunes femmes de la ville de Tambacounda et du département de Tambacounda. Aujourd’hui, je sais qu’avec leur apport au niveau des organisations de femmes, au niveau même des programmes d’activités à réaliser, ils pourront grandement participer à la réalisation des infrastructures socio-économiques. Déjà l’association du Bundu, présidée par Ibrahima Kébé, a tenu à Tambacounda le mois dernier une assemblée générale pour la restitution de leur programme d’activités. Et je pense qu’après la victoire du Président, nous allons les accompagner et nous allons les aider à réaliser le minimum d’activités, le minimum d’infrastructures socio économiques pour enfin sortir cette zone enclavée du Bundu des difficultés, de la pauvreté et la sous alimentation. J’invite tous les jeunes, toutes les femmes de la Diaspora à s’investir et à préparer leur insertion et réinsertion dans leur société et donc à préparer leur retour. J’avoue que j’ai fait l’Europe, mais je me dis que l’Europe c’est juste la recherche des moyens pour survivre, mais ce n’est pas une fin en soi pour que les gens puissent rester en Europe. J’ai invité les jeunes à s’organiser, à créer des réalisations au niveau de leur base, au niveau de leur société, avec les partenaires potentiels existants, les partenaires de la santé, de l’hydraulique, de l’agriculture, de l’élevage, d’essayer de coordonner avec les municipalités en France, de signer des conventions de partenariat pour développer leur localité et préparer leur retour. Voilà le mot d’ordre que j’ai donné au niveau de la diaspora que j’ai eu à rencontrer lors de mes visites, et je continuerai à le faire quand le besoin se fera sentir dans la société où j’irai, je vais lancer un appel aux Sénégalais, mais surtout aux jeunes de Tambacounda pour qu’ils préparent leur retour.
Quel est votre regard sur la génération des 20-40 ans à Tambacounda et quels espoirs fondez-vous dans la relève ?
Je fonde des espoirs dans la relève surtout sur les jeunes de 15 à 16 ans. Car dans la tranche des 20 ans à 35 ans, il y a eu un problème, il y a eu un délaissement, il y a eu un abandon des parents et les enfants se sont retrouvés dans la rue, se sont adonnés à la drogue, à la délinquance, ont subi le chômage. Je ne peux pas comprendre qu’un fils d’agriculteur, un fils d’éleveur dise que je n’ai pas de métier, je ne travaille pas, je suis au chômage. Il faut vraiment créer la reconversion des mentalités. Amener les jeunes qui sont au lycée, au collège, même au primaire à développer des activités génératrices de revenus, c'est-à-dire de créer des petits potagers, de créer des bergeries, même des poulaillers au niveau des écoles afin de pouvoir initier les enfants à l’éducation sociale. Un fils d’éleveur qui a grandi en milieu éleveur ne peut pas aller à l’école ou aller jusqu’au lycée et en sortir pour dire qu’il n’a pas de travail. Le fils d’éleveur qui est déjà instruit, qui a fait sa scolarité peut retourner à l’élevage moderne. Moi, je salue les promoteurs de l’élevage qui sont là par exemple, Mama Sall qui a fait un grand poulailler, qui a amélioré la race locale, Kaynou Sy qui est en train de développer sa ferme, encadrer ses enfants. Je pense que c’est des initiatives de ce genre qu’il faut pour amener les jeunes à la reconversion des mentalités, qu’ils retournent aux activités traditionnelles, professionnelles pour les améliorer et les moderniser.
Quels sont, selon vous, les problèmes les plus urgents à régler dans le domaine de l’éducation et de la formation des femmes dans la région de Tambacounda?
Il faudrait revoir le programme de l’alphabétisation au niveau de la région de Tambacounda. Nous sommes à plus de 85 pour cent de femmes analphabètes. Je pense que dans cette situation, on ne peut pas parler de développement aux femmes analphabètes pour qu’elles assurent la promotion des activités qu’elles sont en train de mener au niveau local. Il va falloir revoir le programme, essayer de réaliser un programme d’alphabétisation fonctionnelle au niveau des localités. Je reviens d’une mission de la diaspora avec les femmes protagonistes à Bamako. Nous avons eu à évaluer et à revoir un peu le programme de la lutte contre la pauvreté, puisque la pauvreté, il faut la situer à trois niveaux. Le premier niveau c’est le niveau 0-0, ce sont des femmes rurales qui ne pensent aujourd’hui qu’à manger, à se loger et à se traiter. Ces femmes n’ont pas la notion de micro finance. Le deuxième niveau, c’est le 0-1, ce sont les femmes qui sont dans les groupements de promotion féminine, les directoires, qui sont en train de s’activer dans les minis laiteries, la micro finance. Et le troisième niveau, c’est le niveau 1, ce sont les femmes qui s’activent dans l’entreprenariat féminin. Donc, si on les classe à ces trois niveaux, on arrivera à harmoniser des programmes d’intervention et à lutter systématiquement contre la pauvreté en milieu rural. Il faut aussi penser à revenir sur le « consommons local ». Nous sommes en train de consommer des produits qui nous viennent d’ailleurs et dont nous ne maîtrisons pas la situation sanitaire. Si on continue de consommer ce qu’on importe d’ailleurs, il n’y aura jamais de développement. Il faut créer des activités génératrices de revenus en exploitant l’agriculture, l’élevage, l’environnement, les ressources naturelles pour qu’on puisse même créer au niveau des localités une synergie de la promotion des produits locaux pour permettre à tout un chacun de consommer local pour lutter contre la pauvreté.
Sur le plan des ressources (humaines, naturelles, etc.) quelles sont, selon vous, les potentialités majeures de la région pour un réel essor ?
Tambacounda est la région la plus développée en matière de ressources et potentialités existantes. J’assiste chaque année à la Fiaara. La région de Tambacounda y présente chaque année les meilleurs produits locaux. Quand je pense au pain de singes, au gingembre, au bissap, au fonio, aux produits agricoles c'est-à-dire le niébé, la pâte d’arachide, le mil, le couscous, etc… Ce sont des produits qu’on peut réellement programmer, produire, emballer et surtout créer un label pour chacun afin de pouvoir les mettre sur le marché d’abord de consommation locale, ensuite sur le marché sous régional et le marché international. Je pense que les techniciens qui sont là pour l’encadrement doivent réfléchir à une manière de valoriser ces produits afin de pouvoir sortir la population à cette situation de crise. Je peux parler de crise parce que tant que les familles n’arrivent pas à avoir les moyens de vivre avec les produits locaux, ils vont toujours rester dans la pauvreté, dans la malnutrition et la sous alimentation.
Depuis quand-vous à la tête du Directoire Régional des Femmes en Elevage au Sénégal ?
J’ai d’abord été membre de la Maison des éleveurs qui a été créée en 1994 à l’Enea. En 1998, il y a eu l’émergence de l’observatoire des femmes en élevage qu’on appelle le Directoire des Femmes en Elevage. J’ai été élue en 1998. En 1999-2000, il y a eu une restructuration des organisations de femmes et j’ai été reconduite. Depuis lors, je suis à la tête du Directoire régional qui est en train de réaliser des conventions de partenariat avec l’Isère en France, avec Afdi en Ile de France et avec d’autres partenaires comme l’Ambassadeur de Pologne, qui a visité le directoire et la maison des éleveurs en vue de nous accompagner dans les réalisations de nos programmes de développement de l’élevage, tels que : la construction des infrastructures pour les bouchers, le commerce du bétail, le foirail petit ruminant et grand ruminant, la modernisation et l’accompagnement des laiteries des femmes pour la promotion de la femme en élevage, la conservation de la race Ndama dans le département de Kédougou afin de pouvoir développer cette race qui est assez solide et qu’on peut même exporter au bénéfice des éleveurs. Voilà d’autres programmes qu’on peut accompagner : lutter contre l’émigration clandestine en finançant les jeunes éleveurs dans la promotion des bergeries, afin d’occuper le marché de la viande, surtout la viande de mouton de la tabaski, de les initier dans la récolte du forage pour lutter contre le chômage et surtout de les amener à réaliser des programmes de développement des activités de l’élevage pour qu’ils puissent s’insérer et lutter contre l’émigration clandestine dans leur localité. J’avoue que j’ai eu du mal quand on a parlé de l’émigration clandestine. La majeure partie des jeunes sont des jeunes éleveurs de la région de Tambacounda, de Bidiankoto à Missirah, Sadatou, Kéniéba et Fanfanding, toute la zone du Bundu avait vendu son cheptel pour l’émigration clandestine. J’ai eu beaucoup de mal et j’ai commencé à sensibiliser les jeunes pour qu’ils s’implantent dans leur localité et qu’ils développent les activités d’élevage.
Parmi les 20.000 membres que compte le Directoire National des Femmes en Elevage (Dirfel), combien sont des Tambacoundoises ?
Aujourd’hui 10.000 membres sont du département de Tambacounda. Géographiquement, si vous situez la zone de l’élevage c’est dans le Koumpentoum voir jusqu’à Bohé Balédjié. La deuxième zone, c’est la zone de Gouloumbou jusqu’à la frontière avec le département de Kédougou. Dans ces deux zones, voire la zone centre, c’est-à-dire la commune, nous pouvons vraiment estimer le total des éleveurs du département à 10.000 membres.
Nous savons que ce sont en général des éleveuses, tanneuses, avicultrices, apicultrices, transformatrices de lait, etc. qui sont représentées, au niveau de chaque région, par un directoire régional (association ou GIE) membre du directoire national. Quels sont les corps de métiers représentés à Tambacounda ?
Nous sommes organisées en filières, puisque l’élevage traditionnellement est une société bien organisée, bien structurée. C’est ce qui a prévalu sans problème, on a pu se retrouver dans ce schéma d’organisation que nous devons moderniser avec l’ensemble des acteurs en élevage. Nous avons la filière embouche, nous avons la filière professionnelle de la viande du cheptel, c'est-à-dire les commerçants et les bouchers, puisqu’on ne peut pas les dissocier. On a le Gie des collèges, c'est-à-dire les Gie et les coopératives, ce sont les producteurs du cheptel. Puisque tant que tu ne produis pas, tu ne peux pas parler de commerce ou de boucher. Donc ça, ce sont les Gie et les coopératives. Par exemple nous, responsables du Dirfel, nous produisons du cheptel, c'est-à-dire nous produisons des taureaux, des vaches, pour les amener au foirail du grand ruminant. Il y a le collège de la filière lait, la filière aviculture et certaines s’investissent dans l’agriculture, il y a la filière ovine, ce sont des jeunes que nous avons initiés, et puis les transhumants qui sont au bord de la Falémé. C’est un collège qui s’investit dans le développement de l’élevage ovin et caprin. Aujourd’hui, nous comptons parmi nous les éleveurs de porcs qui sont au nombre de 45 membres du directoire des femmes en élevage, qui s’investissent dans le développement de l’élevage, parce que quand on parle de l’élevage, on parle de toutes les composantes. Voilà la situation organisationnelle du directoire des femmes en élevage.
Des expériences menées ailleurs dans le domaine de l’élevage, de transformation et de la distribution de produits laitiers inspirent-elles le Dirfel pour ses actions ? Si oui, lesquelles ?
Justement, le partenariat mène surtout à l’échange des expériences. Ce qui a prévalu aujourd’hui dans la réflexion sur la mise en place de boucheries modernes. Les partenaires doivent nous soutenir. Nous avons envisagé de réformer le marché central, d’essayer de créer une chambre froide pour une bonne distribution de la viande, mais aussi d’aider les bouchers à moderniser leur activité qui est une activité importante au niveau familial, mais surtout au niveau du développement de l’élevage dans la région de Tambacounda. Nous avons aussi réfléchi sur les nouvelles techniques de mise en place des unités de transformation pour la production du lait d’abord, ensuite sa conservation, puis sa transformation et la mise en place du marché pour amener les populations à consommer local surtout avec l’appui d’un bon label. La réflexion est avancée dans ces programmes que nous allons démarrer au niveau de la commune de Tambacounda, puis étendre au niveau des deux départements de Kédougou et Bakel. A Bakel surtout, avec l’appui de la Saed, nous avons pu obtenir deux unités de transformation de lait, des unités semi modernes qui pourront nous aider à mieux transformer le lait que les femmes vont produire au niveau de ces localités.
Quel bilan tirez-vous des actions du Dirfel après quatre ans d’existence?
Après quelques années d’existence, je salue d’abord le dynamisme des femmes qui se sont engagées dans la réalisation des activités communautaires, car c’est une chose très difficile. Quand on invite des femmes analphabètes avec des femmes intellectuelles ou semi intellectuelles, c’est un problème. Il a fallu que les femmes analphabètes, qui sont en majorité, acceptent de collaborer avec certains responsables afin de pouvoir émettre un document, un programme d’activités pour la mise en place du directoire au niveau des communautés rurales, des arrondissements, des départements. Même consolider le directoire régional a été une longue marche qui a abouti à un bilan positif pour la signature de certaines conventions au niveau de la région de Tambacounda. Avec la commune de Tambacounda, nous avons signé un protocole de convention avec le maire qui a accepté de nous accompagner dans le développement de l’élevage, d’autant plus que la commune est une commune semi rurale habitée en majorité d’agriculteurs et d’éleveurs. Le conseil régional aussi nous a toujours accompagné depuis 2002, le conseil régional s’est investi et a permis le résultat que nous allons mettre sur la table. Le résultat est que le financement sera réalisé grâce au partenariat de l’Isère en France, qui va nous construire non seulement les foirails, qui va aménager le marché central en construisant des boucheries modernes, avec une chambre froide équipée, voire même des étals pour les résidus de bonne viande qui seront mis sur les tables pour créer aussi des activités génératrices de revenus. Le deuxième programme est constitué de la mise en place de fermes modernes pour qu’on puisse exploiter la viande hors du Sénégal. Puisqu’en créant des fermes modernes, les animaux sont suivis, traités par les vétérinaires et bénéficieront d’une bonne alimentation saine et d’une bonne conduite qui nous permettra de concurrencer demain au niveau du marché international. C’est des acquis pour lesquels nous remercions le Tout Puissant, la volonté des autorités qui ont bien voulu nous accompagner dans la réalisation de ce programme et permis d’avoir un bilan positif. Je pense que si vous approchez le Ministère de tutelle, vous allez vous rendre compte que le directoire de Tambacounda est cité parmi les meilleurs au Sénégal.
En conclusion ?
Je lance un appel à toute la jeunesse de Tambacounda, toutes les femmes en élevage de la région de Tambacounda à s’organiser, à renforcer leurs capacités mais surtout à valoriser ce qu’elles sont en train de produire pour qu’on puisse le mettre sur le marché de consommation afin de lutter contre la pauvreté, la malnutrition et la sous alimentation des populations de la région de Tambacounda. Je dirai toujours que la région de Tambacounda n’est pas la région la plus pauvre. C’est quelque chose que j’ai toujours soutenu dans les forum et autres rencontres nationales ou sous régionales. La région de Tambacounda est une grande région à vocation agro-silvo-pastorale, mais les bailleurs de fonds n’ont pas pu accéder aux populations concernées pour valoriser leur exploitation et les accompagner au développement local à la base. Je lance un appel aux bailleurs de fonds à réfléchir avec les populations de Tambacounda pour la valorisation des activités prioritaires des populations, particulièrement du département de Tambacounda qui est un département carrefour et qui peut être un miroir de la sous région si vraiment les acteurs s’y mettent avec bonne volonté pour accompagner les populations de ce département de Tambacounda.
Entretien réalisé par Assane Diallo