Par Assane Diallo / Tambacounda.info /
Il est vrai que le tourisme tambacoundois va mal et est souvent perturbé par la mauvaise organisation de ses acteurs. La responsabilité est imputée aussi à l’Etat du Sénégal, qui n’a pas pris en compte les nombreuses potentialités dont regorge la région. Et pourtant, Tambacounda devait être un pôle du tourisme sénégalais, qui est la deuxième activité économique du pays après la pêche. Le plus grand parc de l’Afrique de l’Ouest se trouve dans cette partie Est du pays, il a été classé patrimoine mondial de l’Unesco en 1981. Des sites qui peuvent attirer des milliers de touristes par saison, Tambacounda en regorge. Dans ce secteur où le moteur est en panne, il y a des fils du pays qui arrivent à y croire encore et y tirent leur épingle du jeu. Parmi eux, Mamadou Camara dit « LADABA ». Il vient d’étrenner un centre d’information et d’orientation touristiques sis au quartier Abattoirs de Tambacounda. Il ne cesse d’innover. Pour qui connait cet homme qui a l’amour de ce qu’il fait depuis sa tendre enfance, Mamadou Camara dit « LADABA » fait la fierté des populations de la région dans un secteur délaissé. Depuis l’ouverture de son centre et de son site (
www.niokoloaventure.com ) en compagnie de son partenaire M. Kolvin Tooke, un anglais tombé sous le charme de notre région, l’espoir est aujourd’hui permis pour redorer le blason du secteur.
M. Mamadou Camara dit Ladaba
Un chemin riche en enseignements
Que de chemin parcouru par ce fils de Tambacounda, titulaire d’un diplôme dans le domaine du tourisme. Guide touristique à ses débuts avant d’étrenner avec ses partenaires un campement touristique à Wassadou, il est aujourd’hui en phase de gagner sa place dans un secteur qui laisse à désirer. Agé de 40 ans, le bon travail de LADABA, qui se trouve être le plus jeune homme engagé dans la lutte pour le développement de son terroir, est reconnu de tous. A ce rythme, il laissera un bon héritage aux générations futures et l’histoire retiendra son nom. Rencontre avec un homme qui a le sens du travail et de la réussite.
Les Sénégalais ont la réputation d’être d’éternels voyageurs. Et cette âme de «voyageur» ne sied pas à cet homme. Pourtant Mamadou Camara avait des possibilités d'émigrer, vu ses nombreux partenaires et autres contacts qu’il s’est fait dans l’"Eldorado" européen. Il a préféré rester chez lui, cherchant à côtoyer et faisant connaitre les nombreuses cultures et facettes dont regorge sa chère région. Ayant fait ses humanités dans la capitale orientale, son parcours scolaire est sanctionné par un diplôme de fin d’études moyennes au collége Moriba Diakité. Son amour pour le tourisme va l’éloigner des salles de classes. Cependant, Mamadou Camara dit « Ladaba » n’abandonnera pas son sport favori, le handball, qui l'a conduit en première division pour la première fois dans l’histoire du sport oriental. Doté d’un physique et d’une ténacité inébranlable, il a fait vibrer pas mal des stades du Sénégal par ses « désaxés » et ses plongeons dans un terrain qui à chaque match de hand ball compte son lot de blessés. Pourtant Mamadou Camara pouvait faire carrière dans cette discipline. Mais cet homme ne parle que de son penchant pour le tourisme et le développement de sa région.
Son parcours aujourd’hui a démontré qu’il avait raison sur les gens qui lui prêtaient un avenir sur un terrain de hand ball ou dans les études. Car Mamadou Camara mène bien sa vie et lutte contre la pauvreté, après avoir formé plus d’une cinquantaine de jeunes dans son domaine de prédilection. Son itinéraire professionnel est, aussi, très brillant. Le plus jeune promoteur touristique débute sa carrière professionnelle à Tambacounda, étant guide touristique. Monsieur Camara sillonne sa région de fond en comble. Ensuite, c’est l’ouverture d’un campement à Wassadou, au bord du fleuve Gambie avant d’atterrir dans une agence de voyage, à un poste stratégique de coordonnateur. Au début de son engagement dans ce milieu qu’est le tourisme, les connaisseurs avaient détecté chez ce garçon une farouche volonté d’atteindre le sommet. Ambition largement justifiée si l'on connaît les énormes potentialités dont il est doté. Tout ceci ne constitue qu’une étape importante d’une brillante carrière professionnelle. Sans nul doute, le plus beau reste encore à venir pour lui.
Une créativité articulée au niveau du développement
Même s’il a déjà su s'entourer de partenaires avec de brillants résultats au niveau de ses activités dans les régions de Tamba et de Kédougou et qu'il a efficacement mis en œuvre son expérience, le baroudeur, Camara estime encore long le chemin du succès malgré les bons ou satisfaisants résultats obtenus jusqu’ici, tant son professionnalisme le mène vers une quête éternelle du meilleur de lui-même et de l’autre pour propulser le tourisme au sommet grâce à un site internet mis en place avec son ami et partenaire Kolvin Tooke et une association qui s’active dans la Conservation des Sites Touristiques et de l’Environnement. Une association créée en 2008, conformément au décret 76-0040 du 16 janvier 1976, par des Sénégalais et Européens travaillant dans le tourisme depuis de 10 ans dans la region Orientale du Senegal et habitant sur place à longueur d’année (guides agréés, agents en retraite du parc Niokolo, villageois et acteurs du développement local), maîtrisant parfaitement les valeurs touristiques de la region de Tamba, et soutenant la démarche définie par le gouvernement du Senegal pour la revalorisation et la conservation des sites et du patrimoine historique, touristique et culturel, avec l’objectif de faire profiter davantage les populations locales des bénéfices des actions menées dans ces domaines.
L’homme en appelle aux acteurs pour diagnostiquer le mal
Ils sont nombreux les maux qui gangrènent ce secteur, selon le membre du syndicat d’initiative et du tourisme du Sénégal oriental. Le problème majeur, à en croire Mamadou Camara, est le probléme d’investissements. “Nous avons des zones toutistiques très interessantes mais il manque des investisseurs pour que ce secteur soit boosté”. Reconnaissant que le secteur est malade, Mamadou Camara en appelle aux acteurs et collaborateurs pour s’asseoir à une table et parler le même langage. “Le tourisme est malade à Tambacounda malgré que nous ayons de bons produits. Et, aujourd’hui les produits comme les masques bassaris, sont retrouvés sur la petite côte ou ailleurs”, se désole Camara. Selon lui, les produits de la région de Tambacounda sont mal exploités. La solution pour ce fin technicien est de réunir tous les opérateurs du tourisme de la région, qui ne parlent pas le même langage, chacun allant de son coté pour se soucier de ses propres intérêts.
Des défis en phase d’être relevés
Aimant relever les défis, Monsieur Camara a décidé d'en relever d'autres, la mise d’un centre d’information et d’orientation touristique du syndicat d’initiative et du tourisme du Sénégal oriental ayant pignon au quartier Abattoirs de Tambacounda. Entre autres objectifs atteints, Mamadou Camara et ses collaborateurs ont permis la densification de l’environnement et ses multiples facettes. Il a des références pratiques sûres. Le plus jeune promoteur compte sur son portefeuille de collaboration et voudrait l’étoffer davantage. Au point de «prier pour entrer dans l’antichambre de l’environnement touristique» «non pas simplement pour voyager mais protéger cette richesse et continuer à monnayer (ses) talents et faire découvrir ces sites aux autres» mais aussi pour «aider à rectifier beaucoup de chose et avancer». Car «la réussite doit s’obtenir dans les règles de l’art» et des «conseils utilisés à bon escient peuvent donner de bons résultats». Son mérite ne souffre d’aucune contestation chez les personnes qui ont suivi le cheminement de cet homme. Ses collaborateurs ne tarissent pas d’éloges à l’endroit de cet homme, du technicien au développeur. Ils saluent sa pondération, sa disponibilité, son sérieux, sa conduite exemplaire et son sens des relations humaines. Ces vertus sont confirmées par les autorités régionales qui lui vouent un respect considérable.
