Entretien réalisé par Falilou Bâ /

Monsieur le Directeur Général, présentez-vous à nos internautes
DG DAK : Je m’appelle Djibril Amadou Kanouté. Je suis ingénieur des mines, depuis 28 ans je suis dans ce métier. J’ai commencé d’abord ma carrière au début des années 80 à la direction des mines et de la géologie du ministère du développement industriel. Puis, j’ai été à Tullow, une compagnie irlandaise en 1986 avant de déposer mes baluchons à Petrosen. Après plusieurs années dans cette société, aujourd’hui j’ai l’honneur et le privilège d’être à la tête de la direction de Petrosen.
Quelle définition donnez-vous à Petrosen?
Petrosen, c’est la société des pétroles du Sénégal, créée en 1981. Elle est l’instrument d'application de la politique pétrolière de l'Etat du Sénégal. Petrosen dispose des outils de promotion que sont : la banque de données pétrolières, le centre de géoscience, le système de gazoducs, la base des opérations pétrolières, un environnement juridique et fiscal très favorable. Elle est sous la supervision du Ministère chargé du secteur de l’Energie, qui par l’intermédiaire de son Département de l’Energie assure le contrôle et le suivi des opérations pétrolières conformément au Code Pétrolier. C’est également la vitrine de l’Etat en termes de politique énergétique.
Il y a deux ans que vous êtes à la tête de la Direction de Petrosen, quels sont les grands axes de votre mission ?
Ecoutez, la mission première, c’est la mise en application de la lettre politique telle que prescrite par le chef de l’Etat Me Abdoulaye Wade. Ensuite, il y a la mise en ouvre des interventions dans les deux filières que sont la filière amont et celle aval. En ce qui concerne la filière amont, elle comporte notamment : L’évaluation périodique du potentiel Pétrolier du bassin sédimentaire ; la promotion de ce potentiel auprès des compagnies pétrolières internationales, la participation avec ces compagnies à la mise en évidence de ce potentiel, le suivi technique et le contrôle des opérations pétrolières. Vous savez que 80 % représente un bassin sédimentaire, alors nous allons intensifier la promotion des bassins. Cependant, en aval, nous allons nous atteler à la participation en association aux différents segments du sous-secteur Aval en vue d’y traduire les choix stratégiques de l’Etat. PETROSEN est sous la supervision du Ministère chargé du secteur de l’Energie, qui par l’intermédiaire de son Département de l’Energie assure le contrôle et le suivi des opérations pétrolières conformément au Code Pétrolier.
Quel est l’apport de Petrosen dans l’approvisionnement en énergie à la Sénelec ?
En fait, avec la Sénelec, nous avons des rapports commerciaux. On produit du gaz qu’on vend aussi bien à la S.A.R (Société Africaine de Raffinage du Sénégal). Et avec la S.A.R qu’avec la Sénelec, on travaille en étroite collaboration pour une meilleure politique énergétique du Sénégal. D’ailleurs pour la sécurité du pays en termes d’énergie, l’Etat a acheté plusieurs actions de la S.A.R. Ce qui nous permet aujourd’hui d’intervenir au sein du conseil d’administration au niveau du management. Pour rappel, du gaz a été découvert depuis 1996 à Gadiaga sous préfecture de Pambal, dans le département de Tivaoune. Il a été produit en 2002 et depuis 2007, on est passé de 30 mille mètre cubes par jour pour l’alimentation d’une tribune à gaz pour seulement quatre heures par jour, est désormais à un débit de 300 000 mètres cubes/jour. D’ailleurs, l’utilisation du gaz méthane est plus que bénéfique notamment sur le plan environnemental. Le gaz méthane ne dégage pas de fumée, contrairement au diesel, les coûts d’entretien s’en retrouvent diminués et son stockage ne pose pas de problème.
Quels sont vos objectifs à court long et terme ?
C’est tout d’abord augmenter les productions énergétiques. On va impacter sur la consommation au fuel tout en réduisant l’importation de 100 000 tonnes. Dans le cadre de nos relations bilatérales, il s’agira d’amener les compagnies à intervenir à terre pour la recherche des gisements. Car vous n’êtes pas sans savoir que le forage en mer coûte excessivement cher, c’est aux environs de 80 millions de dollar. En juin 2008, le Pdg du Groupe Diprom, Amadou Mbacké Sèye, et moi, avons signé le pacte de partenariat mettant sur pied Senstock. Le capital de cette société est réparti entre la société pétrolière nationale Petrosen (66 %) et l'opérateur privé Diprom (34 %). Pour le long terme, nous mettons l’accent sur la recherche et l’exploitation.
Quels sont à votre avis les problèmes que rencontre Petrosen ?
C’est l’écoulement du gaz dans les meilleurs délais. Il y a également d’autres difficultés à savoir l’exploitation Offshore et la réévaluation des données. Dans le cadre de nos partenariats dans un passé récent, le Canada et la Norvège s’étaient impliqués dans notre politique énergétique.
Votre dernier mot en termes de conclusion?
C’est tout d’abord, remercier tout le personnel de Petrosen, nos partenaires, notre ministère de tutelle, le gouvernement sénégalais avec à sa tête, le Président de la république Me Abdoulaye ainsi que le peuple sénégalais. Mes vœux les plus ardents, c’est d’arriver à l’autosuffisance énergétique au Sénégal aussi bien à l’état gazeux qu’à celui liquide. C’est notre challenge. Nous souhaitons également un soutien sans faille de nos autorités, nonobstant, à notre niveau d’élaborer des stratégies de recherches de partenaires comme nous le faisons d’ailleurs toujours.