Les visiteurs qui s’aventureraient à mettre les pieds dans le quartier Abattoirs de Tambacounda sont vite frappés par l’environnement. Ce changement n’est rien d’autre que les nouvelles constructions de bâtiment. Si certaines familles ont fini de réceptionner les clés d’autres par contre attendent avec impatience de revoir leur concession, réhabiliter. Beaucoup de constructions sont l’œuvre d’Oumar Thiam. Notre reporter a été inspiré de la vie et du travail de l’entrepreneur, « architecte », « ingénieur » spécialisé dans la construction, filmé en plein travail dans la famille Sylla sise au quartier Abattoirs.
Un beau jour du mois d’octobre, la route de ce fin reporter qu'est Assane Diallo alias Jean jacques Nahbi a certainement croisé la vie d’Oumar Thiam. Un étonnant chef-d'entreprise où l'on peut, en quelques échanges, se familiariser avec ses grandes heures de travail et d'existence d'Empédocle. « L'art est à l'opposé des idées générales, ne décrit que l'individuel, ne désire que l'unique. Il ne déclasse pas; il classe », affirme cet ingénieur du bâtiment pour ne pas dire « architecte » dés les premiers échanges après les salamalecs d’usage. Attiré par son travail, notre reporter s’est intéressé par ces chefs d’œuvres. Doué pour capter la vitesse et le mouvement, Oumar sort de son chantier d'un genre atypique. Un homme d'ordre et d'habitude qui ne court pas après l'argent même s'il loge dans une maison pas aussi luxueuse que ça. Un obsessionnel qui se méfie du travail mal fait, du désordre, mais peut réhabiliter une construction lorsqu'il est composé de fissures dans une zone pluvieuse comme Tambacounda qui pourrait être fatal au bâtiment et créer des insomnies à la famille qui s’y habite. L’homme est toujours plongé dans ses expériences vécues au Mali (Bamako), au Faso (Ouaga), en Cote d’Ivoire (Yamoussoukro, Abidjan…). Après quelques premières réalisations très remarquées, il dépose ses baluchons à Tambacounda plus précisément au quartier Abattoirs par le biais de son ami Diégo Sylla. Contrairement à ce que pense Babacar Sylla qui l’a confié le chantier de sa sœur ainée, sa première construction significative ne serait pas faite à Kaolack mais dans la capitale sénégalaise, Dakar. Oumar Thiam vient de boucler ses 26 ans de métier. Il travaille dès l’entame de sa carrière dans la recherche : « J’ai commencé par travailler sur le développement des technologies liées à l’énergie…, la métallurgie, le bois entres autres. Même s’il pense que l’installation d’équipements dépendait largement des subventions et que les sénégalais pouvaient faire mieux que les occidentaux. Très vite, il se sent à son aise dans l’entreprise : « J’ai eu de la chance d’entrer dans la construction, très tôt car le métier d’ingénieur m’attirait ». Il n’a d’ailleurs jamais regretté son choix. « J’ai senti que la solidarité entre employés était forte. C’est encore le cas aujourd’hui et beaucoup d’observateurs extérieurs présentent l’entreprise comme rétrograde. Mais je ne vois pas les choses de cette manière, la solidarité est un élément essentiel de la vie d’une équipe » confesse-t-il. Aujourd’hui, il est à l’origine de la construction de beaucoup de maisons et a fini de démarrer cette maison de la famille Sylla (photos), un bâtiment de plusieurs pièces destiné à accueillir une famille en toute sécurité. « Je m’occupe également et en même temps, l’aspect broutille pour le ferraillage, aspect du chantier jugé plus important dans l’entreprise de la construction après avoir étudié la question du stockage thermique en sous sol ». En tout cas à Tambacounda, ceux qui ont confi leur construction à Oumar Thiam, applaudissent les deux mains et se régalent du confort et de la sécurité.