Gouloumbou: Mutuelle de santé, la belle expérience, l’association pour la promotion de la santé communautaire s’effrite.

L’Association pour la Promotion de la Santé Communautaire de Gouloumbou (APSCG), n’a pas attendu le lancement par le chef de l’Etat du projet de Couverture Maladie Universelle (CMU) pour voler au chevet des communautés en matière de santé. En effet, depuis 1998, elle déroule une expérience louable dans ce domaine en encadrant 541 membres et plus de 2000 ayant droit. Depuis l’avènement des mutuelles de santé il y a 2 ans, l’association a harmonisé les cotisations qui étaient à 18.000 francs pour 3500 francs édictés par l’Etat en attendant l’apport qui permet de porter la cotisation à 7000 francs. Seulement, tous constatent pour le déplorer, depuis le retrait du principal bailleur, des difficultés asphyxient le centre de santé communautaire.

Le centre médical communautaire de Sinthian Tongoudé est situé à 60 km de la ville de Tambacounda, au cœur de la zone de production bananière jouxtant le fleuve Gambie. Il est l’œuvre de l’association pour la promotion de la santé de Gouloumbou, en collaboration avec l’ONG « Kinkéliba » histoire de faire au faible niveau de couverture sanitaire de la contrée. Depuis lors, ce centre offrait des soins de santé de qualité et de proximité alliant services publics et soutien aux démunis. Ce sont 10.000 malades qui passaient devant le médecin chef chaque année tout comme les 4000 membres de la mutuelle et les autres non adhérents. Le centre social, hormis les campagnes de vaccination, entretient les personnes vivant avec le VIH/Sida et s’occupait tant bien que mal, de la croisade contre le paludisme et la tuberculose, souligne Maguèye Bâ, le médecin chef de la maison médicale, mutualiste de Sinthian. Ici, la maternité est dotée de 12 lits d’hospitalisation, un échographe et les prestations ne dépassent guère 1500 francs au lieu des 8000 francs requis dans les structures sanitaires. Au niveau du laboratoire, un patient n’a jamais déboursé plus de 1000 francs pour un test. Outre le médecin chef, cette structure de santé groupe une sage femme, des infirmiers, ambulanciers et autres personnels. De nos jours, le concours de l’ONG Kinkéliba fait défaut depuis 5 ans, elle qui prenait en charge l’entretien des locaux. Tout est géré par la mutuelle. Le véhicule qui faisait office d’ambulance est dans un piteux état, du fait de l’état valétudinaire des pistes, dira le docteur Maguèye Bâ.

C’est pourquoi, le secrétaire général Jean Gabriel Ndiaye invitera la puissance publique à ne point regarder péricliter une aussi belle initiative qui a grandement contribué à trouver des solutions aux nombreux problèmes de santé de cette zone économique, à un moindre coût.

Pour le président de l’association également, Stanislas Aly Faye, l’Etat doit aider cette mutuelle qui regroupe aussi bien les producteurs de banane que les éleveurs et autres agriculteurs en la subventionnant car, croit-il dur comme fer, « la santé est un droit inaliénable et, avant d’en arriver à des mouvements d’humeur, ces populations veulent informer l’Etat. Des lettres ont été adressées aux autorités et elles demeurent sans réponse ».

Pape Demba SIDIBE / www.tambacounda.info /